Les Batthyány — Une lignée noble en pleine ascension
CE QUE NOUS SAVONS
Les sources concernant la vie conjugale de Vlad III Drăculea sont fragmentaires et parfois contradictoires.
Elles permettent d’envisager une première union, antérieure à son mariage tardif avec une femme apparentée à Matthias Corvin, mais l’identité de cette première épouse demeure incertaine. Plusieurs hypothèses ont été avancées par les historiens, notamment autour de la noblesse hongroise, sans qu’aucune ne permette aujourd’hui de lui restituer avec certitude un nom, un visage ou une histoire.
La filiation de certains des enfants attribués à Vlad fait elle aussi l’objet de discussions.
C’est précisément ce silence des chroniques qui m’a offert un espace romanesque.
Je n’ai donc pas voulu remplacer une femme dont l’Histoire connaîtrait l’identité.
J’ai choisi d’imaginer Erzsébet là où les sources, elles, ne pouvaient plus me répondre.
Les Batthyány comptent parmi les anciennes lignées de la noblesse hongroise. Leur histoire documentée remonte à la fin du XIVᵉ siècle, lorsque György de Kővágóörs, gouverneur de la forteresse d’Esztergom, reçoit du roi Sigismond de Luxembourg le domaine de Battyán. C’est de cette terre que la famille tirera le nom sous lequel elle traversera les siècles.
Au cours du XVe siècle, les Batthyány consolident progressivement leur position. Leur patrimoine s’étend, notamment en Slavonie ainsi que dans les comitats de Kőrös et de Zagreb, tandis que certains membres de la famille commencent à exercer des responsabilités au service de la Couronne hongroise et dans l’organisation militaire du royaume.
À l’époque où se déroule Le Sang du Dragon, les Batthyány ne possèdent pas encore l’immense puissance aristocratique qu’ils acquerront aux siècles suivants. Mais leur nom appartient déjà à une noblesse établie, ambitieuse et en pleine ascension, appelée à occuper une place importante dans l’histoire du royaume de Hongrie.
C’est précisément ce qui m’a intéressée lorsque j’ai cherché à donner une famille à Erzsébet : je voulais un nom ancien, reconnu, suffisamment important pour rendre crédible son appartenance à la haute société hongroise, mais dont l’ascension historique laissait encore à la romancière un espace pour imaginer.
« Ce que dit l’Histoire » à « Pourquoi ai-je choisi les Batthyány pour Erzsébet ? ».
LÀ OÙ L’HISTOIRE SE TAIT… LA FICTION COMMENCE.
Lorsque j’ai imaginé Erzsébet, je voulais qu’elle appartienne à une famille noble hongroise portant déjà un nom et appelée à compter dans l’histoire du royaume.
J’ai choisi les Batthyány, une ancienne lignée dont les origines documentées remontent à la fin du XIVᵉ siècle et qui, au XVe siècle, possédait déjà des terres et poursuivait son ascension au sein de la noblesse hongroise.
Je voulais qu’Erzsébet soit née dans cet univers : celui d’une famille consciente de son rang, de son nom et de ce qu’il impose.
Mais mon Erzsébet Batthyány reste un personnage de fiction.
Je ne lui ai pas donné un grand nom pour en faire une princesse. Je lui ai donné ce nom pour qu’elle puisse entrer dans le monde de Vlad sans jamais disparaître derrière lui.
Dans mon roman, je suis allée plus loin.
J’ai imaginé qu’au sein de la famille d’Erzsébet se transmettait depuis plusieurs générations une quête secrète : comprendre les mystères de la vie, repousser les limites de la mort et rechercher ce que certains croyaient inaccessible.
Alchimie, manuscrits anciens, savoirs interdits… jusqu’aux légendes entourant le Saint Graal.
Erzsébet grandit au milieu de cet héritage. Elle apprend, observe et poursuit à son tour les recherches familiales.
Et lorsqu’elle rencontre Vlad, cette quête prend une autre dimension.
Car désormais, ils ne cherchent plus seulement à comprendre la mort.
Ils vont tenter de la vaincre.