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LE SANG DU DRAGON

Erzsébet, la femme du Dragon

Tome I — Mikaela Georgio

L’Histoire connaît Vlad III Drăculea.
Elle connaît le prince, le guerrier, l’homme devenu légende.
Mais elle a oublié la femme qui partagea une partie de son histoire.

Le Sang du Dragon est né dans cet espace laissé par les chroniques.

Entre guerres, alliances, pouvoir, amour et quête de l’impossible, le roman suit Vlad et Erzsébet dans une Europe du XVe siècle où l’Histoire rencontre la fiction.

Partout où l’Histoire se tait, j’ai imaginé.
Partout où elle parle, je l’ai suivie.

Du manuscrit au livre

Pendant trois années, Le Sang du Dragon n’a été qu’un monde vivant derrière un écran : des recherches, des milliers de lignes écrites, corrigées, effacées, puis réécrites.

Aujourd’hui, cette histoire existe autrement.

Elle est devenue un livre.

Tenir pour la première fois cet exemplaire entre mes mains fut un moment difficile à décrire. Plus de deux cent mille mots, trois années de travail et une histoire qui m’a accompagnée jour après jour étaient soudain devenus réels.

Mais écrire Le Sang du Dragon n’a jamais été, pour moi, simplement écrire un roman.

Ce fut une aventure chargée d’émotions.

Il y avait d’abord Vlad III Drăculea. Écrire sur un personnage aussi emblématique, sur cet homme dont le nom et la réputation ont traversé les siècles, représentait une responsabilité particulière. Derrière la figure du prince guerrier et l’image laissée par l’Histoire, je voulais retrouver l’homme, son époque, ses combats, ses choix et ses contradictions.

Puis il y eut Erzsébet.

L’Histoire ayant laissé dans l’ombre une grande partie de la vie conjugale de Vlad, j’ai choisi d’imaginer à ses côtés une femme capable de lui faire face. Une femme issue de la puissante famille Batthyány, intelligente, déterminée, fascinée par ce que l’être humain ne peut maîtriser. Je ne dirais pas qu’Erzsébet est aussi froide que Vlad… mais elle n’en est parfois pas très loin.

Et c’est précisément ce qui m’a passionnée chez eux.

Je ne voulais pas construire une histoire d’amour conventionnelle. Je voulais raconter la rencontre de deux êtres qui se reconnaissent parce qu’ils portent en eux quelque chose que les autres comprennent difficilement. Leur vie commune, leurs affrontements, leur manière de s’aimer sans toujours savoir le montrer, mais aussi cette obsession qui finit par les unir : leur quête contre la mort et leur désir de repousser les limites de l’existence.

Puis István est arrivé.

Leur enfant a apporté une autre dimension à leur histoire. À travers lui, Vlad et Erzsébet ne sont plus seulement deux êtres confrontés au pouvoir, à la guerre, au savoir et à la mort. Ils deviennent aussi un père et une mère, avec tout ce que cela peut réveiller en eux de peur, de protection, de fragilité et d’espoir.

Et autour d’eux, peu à peu, tout un monde a pris vie.

Les personnages secondaires, qu’ils soient issus de l’Histoire ou nés de la fiction, ont chacun trouvé leur place. Certains m’ont émue, d’autres surprise, certains ont été difficiles à quitter. À force de vivre avec eux pendant trois années, ils ont cessé d’être de simples noms sur une page : ils sont devenus une partie de cette histoire.

Il y eut enfin tout le travail historique.

Retrouver les événements, les lieux, les alliances, les guerres, les familles, les usages du XVe siècle, confronter les sources lorsqu’elles se contredisaient et accepter leurs silences lorsqu’aucune certitude n’était possible… Ce fut probablement l’une des parties les plus exigeantes de l’écriture.

Un travail parfois difficile, souvent immense, mais profondément exaltant.

Parce que derrière chaque recherche se trouvait la même volonté : respecter l’Histoire lorsqu’elle parle et laisser la fiction prendre sa place lorsqu’elle se tait.

Aujourd’hui, lorsque je regarde ce livre, je ne vois donc pas seulement un roman de plus de deux cent mille mots.

J’y vois trois années de ma vie.
Des heures de recherches.
Des doutes.
Des découvertes.
Des personnages que j’ai appris à connaître.
Et surtout, une histoire que j’ai portée longtemps avant de pouvoir enfin la tenir entre mes mains.

Le Sang du Dragon existe désormais au-delà de mon écran.

Et je crois que c’est seulement maintenant, en regardant cet exemplaire posé devant moi, que je mesure réellement le chemin parcouru.